Les mots d’Alain Gillot et Jean-Paul Vespini, lauréats du Prix Jules Rimet 2015

par Fabienne Reichenbach

Voici les mots chaleureux de nos lauréats…

« Comme un signe fraternel »

 Je tiens à exprimer ma gratitude et mon émotion de recevoir le prix Jules Rimet. J’y vois comme un signe fraternel, d’une famille qui a toujours été la mienne et qui le restera, où le geste et la pensée ne font qu’un, sans discrimination, ni préjugés.

Le sport m’a tenu lieu de grammaire, quand je peinais au fond de la classe, et plus tard, les mots sont venus à mon aide, pour m’échapper sur l’aile, quand mon corps m’a imposé ses limites.

Aujourd’hui, j’ai toujours un pied dans ces deux mondes, art et sport, trouvant qu’une phrase devrait avoir la fluidité et la précision d’un revers le long de la ligne, et sans cesse, m’entrainant vers ce but.

Ceux qui m’ont décerné ce prix savent que le sport est un art, et la littérature un sport de compétition exigeant, ou le plus simple est le plus difficile, ou l’essentiel est de tout donner, et en définitive de passer son ballon, à hauteur d’homme, à un partenaire, comme à un lecteur.

Alain Gillot
Lauréat du Prix Jules Rimet 2015

« J’ai l’impression de lever les bras, moi aussi… »

Je voudrais féliciter Alain Gillot pour sa victoire, et remercier le jury qui a distingué « Gino le juste », par une mention spéciale qui m’honore et me ravit. Etre sélectionné pour le prix Rimet, c’était déjà un premier pas, et avec les 5 autres ouvrages retenus nous faisions tous partie de la même équipe. Mais, grâce à cette mention toute spéciale, j’ai l’impression de lever les bras, moi aussi, à l’image de ces footballeurs qui sont heureux de s’embrasser, s’entasser, se congratuler, pour magnifier le tir libérateur du buteur, Alain Gillot bien sûr, héros du match, porté en triomphe sous les applaudissements du public déchaîné !

Je voudrais, également, vous remercier pour la joie et le bonheur que m’a procuré cette soirée, petits instants inattendus qui enchantent ma mémoire.

Les discussions passionnées avec les membres du jury, un mélange d’éloge, de boutades et de plaidoiries (pour un film sur Gino !) unis dans le même esprit sportif, sous le regard approbateur du Red Star, club mythique qui vit le jour le 21 février 1897 dans un café parisien, sur une idée de Jules Rimet.

Cette soirée m’a fait du bien, et je voudrais, pour en faire comprendre l’intensité, citer Alain (dans Propos sur le bonheur, un livre qui ne me quitte pas !) avec cet extrait du chapitre « amitié » : « Voici un paquet de branches sèches. Elles sont inertes en apparence comme la terre ; Si vous les laissez là elles deviendront terre. Pourtant elles enferment une ardeur cachée qu’elles ont prise au soleil. Approchez d’elles la plus petite flamme et bientôt vous aurez un brasier crépitant. Il fallait seulement secouer la porte et réveiller le prisonnier. »

Merci au prix Rimet de continuer à raviver la flamme…

Jean-Paul Vespini
Mention spéciale du jury